Résumé
Note de la rédaction
Un prix un peu salé, à réserver à ceux qui veulent du Pirelli roulant
Look classique sympa, mais rien de fou non plus
Confort correct, mais il faut jouer avec la pression
Carcasse 120 TPI et caoutchouc SmartEVO : sérieux mais pas magique
Solide pour l’instant, mais c’est encore tôt pour juger totalement
Roulant sur le dur, moins à l’aise quand ça devient technique
Un pneu gravel orienté roulant, avec un look un peu vintage
Points Forts
- Très bon rendement sur route et chemins roulants pour un 700x40
- Montage tubeless assez simple et bonne résistance aux crevaisons sur 400 km
- Usure faible et construction 120 TPI + PROWALL qui semblent durables
Points Faibles
- Grip limité dès que le terrain devient meuble, gras ou très technique
- Prix assez élevé par rapport à certains concurrents aux performances proches
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Pirelli |
Un pneu gravel que j’avais envie de tester depuis un moment
Je roule pas mal en gravel, surtout sur chemins roulants, pistes forestières et un peu de route pour relier tout ça. Jusqu’ici j’étais surtout sur des pneus type WTB Riddler et Panaracer Gravelking. Quand j’ai vu ce Pirelli Cinturato H Classic PROWALL 700x40, je me suis dit que ça pouvait être intéressant pour un montage plus roulant, surtout en tubeless. Je l’ai monté à l’avant et à l’arrière sur une paire de roues 700, et j’ai roulé avec pendant un peu plus de trois semaines, environ 400 km au total.
Concrètement, j’ai fait un mix : vélotaf, sorties gravel de 50–70 km, et quelques passages un peu plus cassants avec cailloux et ornières pour voir comment il tenait. Je ne suis pas un compétiteur, mais j’aime bien quand ça avance bien sur le plat et que ça ne tremble pas au premier caillou. J’ai aussi voulu voir si la promesse tubeless tenait la route, parce que parfois sur ce genre de pneus, le montage est galère ou ça fuit pendant des jours.
Je précise aussi mon gabarit : environ 78 kg, vélo autour de 10,5 kg, pressions entre 2,3 et 2,6 bar à l’arrière et un peu moins à l’avant. Ça joue pas mal sur le ressenti, donc autant le dire. J’ai roulé principalement par temps sec, avec juste deux sorties sur terrain humide, mais pas de grosse boue collante. Donc mon avis est surtout valable pour un usage sec / mixte, pas pour un hiver bien gras.
Au final, ce pneu m’a laissé une impression plutôt positive sur certains points, mais clairement tout n’est pas parfait. Il a des vraies qualités pour rouler vite sur le dur, mais il y a aussi quelques limites, surtout en grip latéral et question prix. Je vais détailler point par point, en mode simple, sans langue de bois : ce qui m’a plu, ce qui m’a agacé, et pour quel type de cycliste ça me paraît adapté.
Un prix un peu salé, à réserver à ceux qui veulent du Pirelli roulant
Parlons du sujet qui fâche un peu : le prix. Les Pirelli Cinturato ne sont pas dans la catégorie “entrée de gamme”. On est plutôt sur un tarif moyen/haut, surtout pour un simple pneu gravel. Quand tu compares à des modèles concurrents comme les Panaracer Gravelking, certains WTB ou même des Vittoria, tu trouves parfois des pneus un peu moins chers pour des performances assez proches, voire meilleures sur certains points (grip, confort, etc.). Donc clairement, tu payes aussi le logo Pirelli et la techno maison.
Maintenant, est-ce que ça vaut le coup ? Ça dépend vraiment de ton usage. Si tu cherches un pneu gravel pour : rouler vite sur le dur, faire pas mal de route + chemins, limiter les crevaisons et garder un pneu qui dure longtemps, alors le rapport qualité-prix devient plus acceptable. Tu vas amortir le prix avec la durée de vie et le côté “un pneu qui fait un peu tout tant que ce n’est pas trop boueux”. Là, ça peut se défendre.
Par contre, si tu roules surtout en terrain technique, boueux, ou si tu veux un pneu ultra confortable et très accrocheur, je trouve que le rapport qualité-prix est moins bon. Tu risques de te retrouver avec un pneu qui ne fait pas exactement ce que tu attends, tout en l’ayant payé assez cher. Autant partir sur quelque chose de plus spécialisé et parfois moins cher.
En résumé, je dirais que le Pirelli Cinturato H Classic 700x40 a un bon rapport qualité-prix pour un profil bien précis : gravel roulant / all-road, avec un peu de vélotaf, où tu veux un pneu fiable et plutôt durable. Si tu es hors de ce cadre, tu peux trouver mieux ou équivalent pour moins cher chez la concurrence. Donc à acheter en connaissance de cause, pas juste parce que c’est marqué Pirelli dessus.
Look classique sympa, mais rien de fou non plus
Visuellement, le Cinturato H Classic a quand même un certain style si tu aimes les flancs clairs. Sur mon cadre alu gris foncé, ça rend plutôt bien, ça casse le côté tout noir des roues. Le côté “argenté” annoncé, honnêtement, ça fait plus flanc beige/gris clair que métal, donc ne t’attends pas à un truc brillant. Perso, j’aime bien ce look un peu vintage, ça donne un petit cachet au vélo sans tomber dans le tuning.
Le dessin des crampons est assez discret. Au centre, c’est très serré, ce qui explique pourquoi ça roule bien sur le bitume et les chemins roulants. Sur les côtés, les crampons sont un peu plus marqués, mais ce n’est pas non plus énorme. Quand tu regardes des pneus plus agressifs type Maxxis Rambler ou Vittoria Terreno Dry, tu vois que le Pirelli est encore plus orienté “roulant”. Ça se ressent aussi dans les virages : visuellement, tu devines déjà que ce n’est pas un pneu pour prendre de l’angle comme un fou dans la caillasse.
Un point pratique : les repères de montage (sens de rotation, pression recommandée) sont bien lisibles sur le flanc. Ça paraît bête, mais certains pneus gravent ça minuscule et tu galères. Là, tu vois vite le sens et les infos. Les tringles ont l’air propres, pas de bavure de caoutchouc, le pneu se met bien en place sur la jante sans avoir l’impression de forcer comme un dingue. Sur mon montage, le talonnage s’est fait proprement au compresseur, sans devoir s’y reprendre dix fois.
En résumé, côté design, c’est propre, cohérent, avec un style un peu rétro qui peut plaire. Ce n’est pas un pneu qui va faire tourner toutes les têtes, mais ça fait sérieux. Si tu cherches un look moderne tout noir ultra agressif, ce n’est pas celui-là. Si tu veux un truc discret mais un peu plus stylé qu’un pneu noir basique, ça colle bien.
Confort correct, mais il faut jouer avec la pression
Niveau confort, en 700x40 tubeless, on peut espérer quelque chose de plutôt agréable. Dans les faits, j’ai trouvé le Cinturato H Classic confortable, mais pas ultra moelleux. La carcasse 120 TPI aide un peu, mais ce n’est pas un pneu qui gomme tout. Sur route abîmée et chemins avec petites racines, on sent encore bien les irrégularités, surtout si on gonfle trop. Au début, j’étais à un peu plus de 2,7 bar à l’arrière, et ça tapait un peu. En descendant autour de 2,3–2,4 bar, c’est devenu plus supportable.
Ce qui m’a plu, c’est que même en baissant un peu la pression, le pneu ne devient pas trop flou. Tu peux rouler à pression modérée sans avoir l’impression de rouler sur une éponge. Par contre, si tu espères un confort de pneu très souple type gros ballon en 45 ou 50 mm, ce n’est pas le cas. Ça reste un 40 mm assez ferme, surtout avec ce type de gomme. Pour les longues sorties, ça passe, mais je ne dirais pas que c’est le pneu le plus confortable que j’ai eu.
Sur les vibrations, il filtre une bonne partie des petites secousses, mais pas tout. Comparé à un Gravelking SK 38, j’ai trouvé le Pirelli un poil plus ferme. Comparé à un pneu route en 32, c’est évidemment plus confortable, mais ce n’est pas la nuit et le jour non plus. Disons que si ton cadre est déjà rigide et que tu roules souvent sur des chemins très défoncés, tu risques de le sentir dans les bras et le dos au bout de quelques heures.
En résumé, le confort est “correct”. Ça fait le job pour du gravel mixte et du vélotaf, mais si ton critère numéro un c’est le confort maximal, il y a mieux en section plus large ou avec des gommes plus souples. Il faut juste prendre le temps de trouver la bonne pression en fonction de ton poids et de ton terrain, sinon tu peux vite trouver ça un peu dur.
Carcasse 120 TPI et caoutchouc SmartEVO : sérieux mais pas magique
Niveau matériaux, on est sur du caoutchouc avec une carcasse 120 TPI, ce qui est plutôt fin pour du gravel. En théorie, plus le TPI est élevé, plus le pneu est souple et confortable, mais aussi parfois un peu plus fragile. Pirelli compense ça avec le renfort PROWALL sur les flancs, censé protéger des coupures. En pratique, après 400 km, je n’ai pas eu de déchirure ni de bosse suspecte, même après quelques passages dans des chemins avec pierres et gravier assez agressifs. Donc de ce côté-là, ça semble tenir la route.
Le mélange SmartEVO GR est présenté comme un compromis entre rendement, grip et longévité. Honnêtement, en usage réel, j’ai trouvé le pneu plutôt roulant et avec un grip correct sur le sec. Par contre, on sent que ce n’est pas le mélange le plus tendre du monde : le pneu ne se déforme pas autant qu’un pneu très souple type pneu de CX ou certains pneus gravel très haut de gamme. Ça aide à la longévité, mais ça enlève un peu de sensation de “coller au sol” dans les virages.
Sur l’usure, après mes 400 km, la bande de roulement est à peine marquée. Les petits crampons centraux sont encore bien visibles, pas de plat au centre malgré pas mal de bitume. Ça va dans le sens d’un pneu qui devrait tenir un bon moment si tu fais surtout du gravel roulant et du vélotaf. À l’inverse, si tu cherches un pneu ultra tendre pour le grip max, ce n’est pas ce profil-là.
Globalement, les matériaux donnent une impression de pneu “robuste mais raisonnable”. Ce n’est pas un pneu de DH blindé, mais ce n’est pas non plus un pneu light de compétition fragile. Pour mon usage mixte, ça m’a semblé cohérent. Juste, il ne faut pas s’attendre à un confort de tapis volant ni à un grip de pneu très tendre : Pirelli a clairement cherché un compromis polyvalent.
Solide pour l’instant, mais c’est encore tôt pour juger totalement
Sur la durabilité, je ne peux pas te sortir un avis après 5000 km, mais sur mes 400 km, j’ai déjà quelques indications. D’abord, l’usure de la bande de roulement : elle est vraiment limitée. Les petits pavés au centre sont toujours bien visibles, aucun plat marqué malgré pas mal de sections asphaltées. Ça laisse penser que le mélange SmartEVO GR est plutôt orienté longévité que grip ultra tendre, ce qui colle avec le ressenti sur le terrain.
Côté résistance aux crevaisons, en tubeless, je n’ai pas eu de mauvaise surprise. Une seule petite coupure visible sur le pneu arrière après un passage dans un chemin avec pas mal de silex, mais le préventif a fait le job et je n’ai pas perdu beaucoup de pression. Pas de snakebite ni de gros trou. Le renfort PROWALL sur les flancs semble efficace : pas de marque ni d’éraflure inquiétante, alors que je me suis parfois un peu loupé dans le choix de trajectoire.
Le seul truc qui me fait un peu douter sur le long terme, c’est la rigidité relative des flancs. Ils tiennent bien, mais je me demande si, avec le temps, ils ne vont pas se marquer davantage au niveau des chocs répétés. Pour l’instant, rien de flagrant, mais ce n’est pas non plus un pneu “blindé” type bikepacking. Pour quelqu’un qui charge beaucoup le vélo et fait des voyages au long cours avec beaucoup de caillasse, je ne suis pas sûr que ce soit le choix le plus rassurant.
Dans l’ensemble, pour un usage gravel classique + vélotaf, la durabilité me semble bien partie. Peu d’usure visible, pas de crevaison gênante, flancs propres. À voir sur 1500–2000 km, mais pour l’instant, ça coche les cases d’un pneu qui va tenir un bon moment sans se dégrader trop vite.
Roulant sur le dur, moins à l’aise quand ça devient technique
C’est surtout sur la route et les chemins bien tassés que ce pneu est intéressant. Sur le bitume, franchement, ça roule bien pour un 700x40. Par rapport à mes anciens Panaracer Gravelking SK en 38, j’ai trouvé le Pirelli un poil plus rapide sur les portions roulantes, surtout grâce à la bande de roulement assez lisse au centre. On sent que le pneu ne colle pas à la route, ça file plutôt bien, surtout à partir de 25–28 km/h. Pour du vélotaf ou des sorties où tu enchaînes route et chemins, c’est clairement un point positif.
Sur chemins gravillonnés et pistes forestières sèches, ça se passe bien tant que le terrain est relativement stable. Le pneu garde une bonne trajectoire, ça ne flotte pas trop, et tu peux garder une bonne vitesse. Là où ça commence à se compliquer, c’est quand le sol devient plus meuble ou avec des graviers plus profonds. Le grip latéral est correct mais pas dingue. En descente sur gravier un peu profond, j’ai eu quelques décrochages de l’arrière en virage si je rentrais un peu trop vite. Rien de dramatique, mais tu sens vite les limites et tu adaptes ton style de pilotage.
Sur terrain humide, sans boue profonde, ça reste gérable, mais tu perds vite confiance dès que ça devient gras. Les crampons étant assez bas, le pneu se remplit vite et n’évacue pas comme un profil plus agressif. Pour quelqu’un qui roule toute l’année, je ne le conseillerais pas comme pneu unique si tu as de vrais hivers boueux. Ça passera, mais tu seras souvent en mode prudence.
Côté rendement global, pour un pneu d’environ 770–800 g, je trouve qu’il s’en sort bien. Tu sens un peu l’inertie au démarrage par rapport à un 38 plus léger, mais une fois lancé, ça tient bien la vitesse. Pour des sorties de 60–80 km, ça va. Si tu cherches à battre des KOM en montée, ce n’est pas le pneu miracle, mais pour rouler vite sur le plat et les chemins roulants, il fait le job correctement.
Un pneu gravel orienté roulant, avec un look un peu vintage
Sur le papier, le Pirelli Cinturato H Classic PROWALL 700x40, c’est un pneu gravel tubeless ready, en 700x40, avec une carcasse 120 TPI et un mélange SmartEVO GR. Le “H” chez Pirelli, c’est pour “Hardpack”, donc plutôt pensé pour les terrains durs, chemins tassés, gravier compact, et pas pour les sentiers boueux. La version “Classic” vient avec un flanc style beige/marron (même si ici c’est annoncé argenté, en vrai ça fait plus flanc clair que vraiment argent), qui donne un côté un peu rétro sur le vélo.
En main, le pneu ne fait pas cheap. On sent qu’il y a une vraie carcasse, ce n’est pas un boudin bas de gamme. Le poids annoncé tourne autour de 770–800 g le pneu (vu le poids total de la paire reçue et les specs proches), donc ce n’est pas un pneu ultra léger, mais ce n’est pas non plus un tank typé bikepacking très chargé. On est dans une zone moyenne, qui se tient pour du gravel polyvalent un peu renforcé. Le PROWALL est censé apporter une meilleure résistance aux coupures sur les flancs, ce qui est toujours bon à prendre si tu roules sur des chemins avec cailloux coupants.
Au niveau profil, la bande de roulement est assez peu cramponnée : des petits pavés serrés au centre, plus rapprochés, puis des crampons un peu plus espacés sur les côtés, mais rien de très agressif. Ça confirme bien l’orientation : ça doit rouler vite sur le dur, avec un minimum de grip sur le loose, mais ne faut pas s’attendre à un pneu de bourrin pour descendre dans la caillasse ou la boue. Clairement, ce n’est pas un pneu pour jouer dans les singles techniques, c’est plus pour enquiller des kilomètres.
Globalement, sur la présentation, on voit que Pirelli vise le segment gravel “endurant et roulant”. Si tu viens de pneus gravel très cramponnés, tu vas trouver ça assez slick. Si au contraire tu roulais avec des pneus route en 32 mm sur les chemins, tu vas trouver ça déjà bien sécurisant. Mon impression au déballage : un produit sérieux, cohérent avec ce qu’il annonce, mais sans truc qui fait dire “waouh”. Ça reste un pneu, quoi, bien fini, mais classique.
Points Forts
- Très bon rendement sur route et chemins roulants pour un 700x40
- Montage tubeless assez simple et bonne résistance aux crevaisons sur 400 km
- Usure faible et construction 120 TPI + PROWALL qui semblent durables
Points Faibles
- Grip limité dès que le terrain devient meuble, gras ou très technique
- Prix assez élevé par rapport à certains concurrents aux performances proches
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, ce Pirelli Cinturato H Classic PROWALL 700x40, c’est un pneu gravel qui fait bien ce pour quoi il est pensé : rouler vite sur le dur, encaisser les kilomètres, et rester fiable en tubeless. J’ai apprécié son rendement sur route et chemins roulants, sa résistance correcte aux crevaisons et son usure très limitée sur mes 400 km. Le look flanc clair apporte un petit style sympa si tu aimes ce genre de finition. En gros, pour du gravel “light”, du vélotaf et des sorties mixtes route/chemins, il est franchement pas mal.
Par contre, ce n’est pas un pneu passe-partout. Dès que ça devient technique, gras ou très caillouteux, tu vois vite ses limites : grip latéral moyen, crampons pas assez agressifs, confort correct mais pas fou. Et vu le prix, il y a des alternatives intéressantes si tu cherches surtout l’adhérence ou le confort. Pour moi, il s’adresse surtout à ceux qui veulent un pneu gravel roulant, plutôt orienté performance et endurance sur terrain sec ou mixte, et qui acceptent de payer un peu plus pour une marque connue et une carcasse 120 TPI bien finie. Si tu es plus branché terrain engagé, hiver bien boueux ou bikepacking très chargé, je regarderais ailleurs.