Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : bon si tu cherches vraiment le poids plume
Design : sobre et orienté performance
Matériaux : carbone léger mais qui demande un minimum de soin
Durabilité : à surveiller si tu n’es pas soigneux
Performance : ça répond bien, surtout en relance
Présentation : ce qu’on achète vraiment
Points Forts
- Poids très léger pour un pédalier route/gravel, on le sent en relance
- Système d’auto-extraction en clé Allen de 8 mm vraiment pratique pour le démontage
- Design sobre et passe-partout avec une rigidité correcte en usage sportif
Points Faibles
- Prix élevé par rapport à des pédaliers alu qui font largement le job
- Carbone plus sensible aux mauvais traitements et aux montages approximatifs
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | e*thirteen |
Un pédalier pour ceux qui traquent le moindre gramme
J’ai monté ce pédalier e*thirteen XCX Race Road sur mon gravel orienté course pendant un peu plus de trois semaines, avec une sortie quasi tous les jours (trajets taf + sorties plus longues le week-end). L’idée, c’était de voir si ce truc « ultra light » tenait vraiment la route par rapport à mon ancien pédalier Shimano GRX et un SRAM Force que j’utilise sur un autre vélo. Sur le papier, c’est un pédalier carbone très léger avec axe de 68 mm, auto-extracteur, et des plateaux censés être dans le même délire de poids plume.
Concrètement, je l’ai utilisé sur des sorties mixtes : un peu de route, pas mal de chemins roulants, et quelques portions plus défoncées pour voir s’il encaissait les vibrations et les petits chocs. Je ne roule pas comme un pro, mais je ne ménage pas trop le matos non plus. J’ai aussi voulu voir si le système d’auto-extraction était vraiment pratique ou juste un gadget de plus.
Mon premier ressenti, c’est que oui, on sent le gain de poids quand on vient d’un pédalier alu plus classique. Ce n’est pas la nuit et le jour, mais le vélo paraît un peu plus nerveux quand on relance. Par contre, dès le montage, on voit que ce n’est pas un pédalier « plug and play » pour monsieur tout-le-monde : il faut être un minimum à l’aise avec la mécanique vélo, sinon ça peut vite être pénible.
Au final, ce test m’a surtout permis de voir à qui ce pédalier s’adresse vraiment : plutôt aux gens qui savent ce qu’ils font niveau montage et entretien, qui veulent gagner quelques centaines de grammes et qui acceptent de mettre un bon billet dedans. Pour un usage tranquille ou pour quelqu’un qui veut zéro prise de tête, il y a clairement plus simple ailleurs.
Rapport qualité-prix : bon si tu cherches vraiment le poids plume
On ne va pas se mentir, ce pédalier n’est pas donné. On est dans la gamme des pédaliers carbone haut de gamme, donc si tu compares juste au prix d’un pédalier alu type Shimano 105 ou GRX, ça pique. La question, c’est : est-ce que la différence de prix vaut le gain de poids et le côté pratique de l’auto-extracteur ? Ça dépend vraiment de ton profil.
Si tu es du genre à peser chaque composant, à monter un vélo léger pour les courses ou les longues cyclos, là le prix se défend. Tu gagnes clairement du poids par rapport à un pédalier alu, tu as un système de démontage simple, et la finition est correcte. Dans ce contexte, le rapport qualité-prix est plutôt bon, surtout si tu le chopes en promo ou en fin de série, vu que le produit n’est pas tout récent sur le marché.
Par contre, si tu cherches juste à remplacer un pédalier usé sur un vélo de tous les jours, honnêtement, il y a mieux à faire. Un bon pédalier alu moderne fera largement le boulot pour moins cher, avec souvent une durabilité plus rassurante pour un usage intensif et pas très soigneux. Là, tu paies clairement le carbone et la chasse au gramme, pas un gain de confort énorme ou une révolution dans le pédalage.
En résumé, bon rapport qualité-prix pour un cycliste qui sait pourquoi il veut du carbone léger, moyen pour quelqu’un qui veut juste un pédalier fiable sans se prendre la tête. Si tu es dans la première catégorie, tu risques d’être content de ton achat. Si tu es dans la deuxième, tu peux économiser pas mal d’argent en regardant ailleurs.
Design : sobre et orienté performance
Niveau look, on est sur quelque chose de très simple : manivelles carbone noires, logo discret, pas de gros graphismes tape-à-l’œil. Perso, j’aime bien, ça passe sur à peu près n’importe quel vélo sans jurer. Ce n’est pas le genre de pédalier qui attire l’œil comme certains modèles très agressifs, mais ça fait sérieux et propre. Les formes sont assez fines, on voit tout de suite que la priorité c’est le poids.
Un point que j’ai remarqué dès le montage, c’est le Q-factor et la forme des manivelles. Je n’ai pas eu de problème de frottement avec les chaussures (je roule en chaussures route et parfois en gravel avec semelles un peu plus larges), donc de ce côté-là c’est bien géré. Les manivelles sont assez droites, sans gros renflement près des pédales, ce qui laisse un peu de marge si tu as un coup de pédale pas ultra propre.
Le système d’auto-extraction en 8 mm est bien intégré : ça ne fait pas bricolage rajouté après coup. Tu as juste une tête de vis un peu plus large côté manivelle, mais ça reste discret. C’est le genre de détail qu’on oublie complètement une fois que c’est monté, jusqu’au jour où tu as besoin de démonter, et là tu es bien content de ne pas chercher un extracteur spécifique.
En résumé, le design est fonctionnel et assez réussi : pas de chichi, pas de pièces inutiles, tout est là pour limiter le poids et rester pratique. Si tu cherches un truc très flashy, tu resteras sur ta faim, mais si tu veux un pédalier qui se fond bien dans un montage orienté course, ça colle bien. Pour moi, c’est un bon équilibre entre sobriété et technicité.
Matériaux : carbone léger mais qui demande un minimum de soin
Les manivelles sont en carbone, et on le sent tout de suite au poids quand on les a en main. Par rapport à un pédalier alu type GRX ou 105, c’est clairement plus léger. La finition est propre, pas de bavures ni de zones mal poncées sur mon exemplaire. On reste quand même sur du carbone, donc ça inspire confiance pour la rigidité, mais ça donne aussi envie de faire un peu attention aux chocs et aux coups de pédale sur les pierres.
L’axe (broche) est en métal, heureusement, et la combinaison carbone + axe métal est assez classique. Je n’ai pas remarqué de jeu ou de craquement particulier pendant le test, à condition de respecter les couples de serrage. Là-dessus, je conseille vraiment d’utiliser une clé dynamométrique, parce que sur du carbone, si tu serres comme un bourrin, tu peux vite faire des dégâts. Les interfaces avec les pédales n’ont pas montré de signe de faiblesse, le filetage est propre et tient bien.
On sent que les matériaux sont choisis pour le poids, donc il ne faut pas s’attendre à la même sensation de « bloc » que sur un pédalier alu plus massif. Ça reste assez rigide en pédalage en danseuse, mais si tu es très lourd ou que tu envoies de gros sprints, tu risques de sentir un peu plus de flex qu’avec certains modèles plus costauds. Rien de dramatique, mais c’est le compromis classique du matos léger.
Globalement, les matériaux sont cohérents avec le positionnement du produit : carbone léger, axe costaud, visserie correcte. Par contre, ce n’est pas le genre de pédalier que je monterais sur un mulet d’hiver qui prend la boue, le sel et les chocs toutes les semaines. C’est plutôt pour un vélo soigné, où tu nettoies régulièrement et tu évites de jeter le vélo contre un muret à chaque arrêt.
Durabilité : à surveiller si tu n’es pas soigneux
En trois semaines de test, forcément, je ne peux pas juger de la durée de vie sur plusieurs années, mais j’ai quand même quelques éléments. Déjà, après une dizaine de sorties sous la pluie et dans la poussière, pas de jeu ni de craquement. Les manivelles n’ont pas bougé, la fixation sur l’axe est restée nickel. J’ai démonté une fois pour vérifier le système d’auto-extraction, et rien ne montrait de signe d’usure anormale.
Par contre, comme souvent avec le carbone, la surface marque vite. Un petit contact avec un caillou ou une pédale qui vient frotter un trottoir, et tu peux te retrouver avec une marque cosmétique. Ça ne veut pas dire que le pédalier est mort, mais si tu es maniaque, tu vas vite t’arracher les cheveux. Je conseille vraiment de mettre un film de protection transparent sur les zones où tu frottes avec les chaussures, ça évite d’user la finition trop vite.
Autre point : ce n’est pas le pédalier le plus tolérant si tu négliges l’entretien. Un pédalier plus lourd en alu pardonne un peu plus les serrages approximatifs, les démontages à l’arrache, etc. Là, si tu respectes les couples de serrage, que tu graisses légèrement les interfaces et que tu vérifies de temps en temps, ça devrait tenir. Mais si tu es du genre à tout faire à la clé Allen basique sans réfléchir, tu peux te créer des problèmes.
Donc pour moi, en durabilité, c’est correct mais pas blindé. C’est un composant léger, donc forcément plus sensible aux mauvais traitements qu’un gros pédalier d’entrée de gamme. Pour un usage sportif avec un minimum de soin, ça ira très bien. Pour un vélo utilitaire, chargé, ou pour quelqu’un qui ne veut jamais s’occuper de l’entretien, je ne le conseillerais pas en priorité.
Performance : ça répond bien, surtout en relance
Sur la route, ce pédalier fait clairement le job. Le premier truc que j’ai remarqué, c’est la sensation de légèreté quand tu relances après un virage ou en sortie de rond-point. Ce n’est pas magique, mais le vélo semble un peu plus vif, surtout si tu viens d’un pédalier alu d’entrée ou de milieu de gamme. En danseuse sur les petites bosses, la rigidité est correcte : je n’ai pas senti de gros pompage ni de sensation molle sous le pied.
En gravel, sur des chemins un peu cassants, le pédalier ne bronche pas trop. Pas de déraillement particulier lié au pédalier lui-même (le guidage côté non entraîné aide peut-être un peu, difficile à quantifier). J’ai roulé avec un mono-plateau narrow-wide classique, et la chaîne est restée bien en place, même sur des portions avec pas mal de vibrations. Là-dessus, je n’ai rien à reprocher au pédalier.
Au niveau rendement, c’est toujours difficile à mesurer sans capteur de puissance et comparatif sérieux, mais en ressenti, ça se situe au niveau d’un bon pédalier route/gravel moderne. On ne sent pas de perte d’énergie particulière, ni de flex exagéré. Si tu viens d’un pédalier lourd d’origine, tu auras surtout l’impression de gagner en nervosité et en confort sur les longues sorties, simplement parce que tu as moins de poids à emmener à chaque coup de pédale.
Pour résumer, niveau performance, c’est franchement pas mal pour un pédalier aussi léger. Ce n’est pas pensé pour les bourrins qui tapent des sprints de 1500 W, mais pour un cycliste sportif qui veut un montage léger et réactif, ça tient largement la route. Je mettrais juste un bémol pour les très gros gabarits ou ceux qui roulent souvent en conditions vraiment extrêmes : dans ce cas, un pédalier un peu plus massif pourrait être plus rassurant.
Présentation : ce qu’on achète vraiment
Sur la fiche produit, on a un « e*thirteen XCX Race Carbon Road, 175 mm, 68 mm, Self Extractor ». En vrai, ce que tu reçois, c’est un pédalier carbone très léger (autour de 390 g annoncés pour l’ensemble manivelles + axe, sans plateau), avec un système d’auto-extraction intégré sur la manivelle. C’est clairement un produit orienté performance, pas un truc utilitaire pour faire du vélotaf sous la pluie toute l’année sans jamais y toucher.
Le pédalier est prévu pour du boîtier 68 mm, donc typé route/gravel plutôt que VTT classique. Il y a une broche côté non entraîné (donc côté gauche) pour aider au guidage de la chaîne et simplifier l’entretien, ce qui est un peu différent de ce qu’on voit d’habitude chez Shimano ou SRAM. Les plateaux « Ultralight » sont vendus comme la suite logique du délire poids plume, même si dans mon cas j’ai monté un plateau narrow-wide classique compatible, donc je ne peux pas juger de leur plateau maison.
Sur le terrain, on est sur un pédalier pour gens qui regardent le poids de chaque composant. Il n’y a pas de gadgets, pas de capteur de puissance intégré, rien d’électronique, juste un pédalier simple, léger, pensé pour rouler vite. L’auto-extracteur en 8 mm, c’est la petite touche pratique : tu prends une clé Allen de 8, tu desserres, et la manivelle sort sans devoir ajouter un extracteur externe. Ça, pour le coup, c’est vraiment bien pensé.
En résumé, la présentation colle bien à l’usage : c’est un pédalier pour montage un peu « geek matos », pas vraiment destiné à quelqu’un qui veut juste remplacer un pédalier d’origine sans se poser de questions. Il faut savoir ce qu’on fait, avoir le bon boîtier et le bon outillage, sinon tu peux vite t’énerver dessus.
Points Forts
- Poids très léger pour un pédalier route/gravel, on le sent en relance
- Système d’auto-extraction en clé Allen de 8 mm vraiment pratique pour le démontage
- Design sobre et passe-partout avec une rigidité correcte en usage sportif
Points Faibles
- Prix élevé par rapport à des pédaliers alu qui font largement le job
- Carbone plus sensible aux mauvais traitements et aux montages approximatifs
Conclusion
Note de la rédaction
Pour résumer, ce e*thirteen XCX Race Road, c’est un pédalier carbone léger, plutôt bien foutu, mais qui s’adresse à un public assez précis. Il est fait pour les cyclistes qui montent un vélo route ou gravel orienté performance, qui veulent gagner du poids sans tomber dans des solutions trop exotiques, et qui sont à l’aise avec un minimum de mécanique (couples de serrage, démontage, entretien). Si tu coches ces cases, tu vas apprécier la légèreté, la bonne rigidité en usage normal, et le système d’auto-extraction bien pratique.
En revanche, si tu cherches un pédalier solide pour un usage quotidien, sans te prendre la tête, je trouve qu’il y a plus simple et plus robuste en alu pour moins cher. Le carbone demande un peu plus de soin, marque plus vite, et le positionnement prix reste élevé pour quelqu’un qui ne court pas après les grammes. C’est aussi un produit qui ne pardonne pas trop les montages approximatifs : sans clé dynamo et un minimum de méthode, tu peux faire des bêtises.
Donc au final, je le recommanderais à un cycliste sportif qui veut alléger son montage et qui sait ce qu’il fait, mais je dirais de passer son chemin si tu es plutôt dans un usage loisir/déplacement ou si tu veux un truc « je monte et j’oublie ». Dans son créneau, c’est un bon choix ; en dehors, ça commence à faire cher pour ce que c’est.